Bienvenu à la première édition de ma chronique : Demande-moi n’importe quoi! Le titre de la chronique est assez explicite; je vous invite à me poser des questions sur le triathlon, l’entraînement, la nutrition etc. et je vais tenter d’y répondre le mieux possible.

Antoine Desroches

Comment restes-tu motivé durant l’hiver?

C’est une excellente question! L’hiver au Québec est très long et il est parfois difficile de rester motivé quand il fait -30 ′C dehors! C’est aussi difficile d’être motivé lorsque notre prochaine compétition est dans plusieurs mois.

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Tout d’abord, cette année j’ai décidé de m’entourer d’autres athlètes de haut niveau pour me pousser à me dépasser à chaque jour. Je me suis toujours dit que j’étais quelqu’un d’introverti et que je n’avais pas besoin d’autres personnes pour me motiver à m’entraîner. C’est peut-être le cas, mais le fait de m’entraîner aux côtés d’autres triathlètes, ça me pousse à dépasser mes limites encore plus jour après jour. Je vous suggère donc de trouver un club de triathlon, de natation ou tout simplement des partenaires d’entraînement.

Deuxièmement, puisque la saison de compétition est encore dans plusieurs mois, c’est important de se trouver des objectifs à court terme. Par exemple, vous pouvez prendre part à une compétition de natation, de course à pied, une course de fat bike ou même un pentathlon des neiges. Bien que ces évènements ne soient pas aussi importants, à vos yeux, que vos triathlons prévus cet été, c’est intéressant de vivre régulièrement la nervosité du jour de la compétition et de donner son 110%. C’est aussi une bonne façon de briser la monotonie de l’entraînement hivernal.

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Finalement, pour rendre les entraînements à l’intérieur plus plaisants j’aime bien me faire une liste de lecture de musique. Parfois je vais préparer cette liste de lecture plusieurs jours en avance mais je vais seulement me permettre de l’écouter que lors de mon gros entrainement de vélo. Pour une séance de vélo intense j’aime « Zwifter » ou écouter des courses de triathlon ou de cyclo-cross et pour une séance de vélo à basse intensité j’aime écouter une série ou un film sur Netflix.

Comment éviter les blessures et comment les traiter?

Les blessures en triathlon sont assez fréquentes, mais heureusement, la majorité des blessures sont évitables. En effet, 68 % des blessures qui occurrent avant la saison et 78 % des blessures qui occurrent durant la saison de compétition sont dues à de la surutilisation (over use injuries). Pour réduire le risque de blessure causé par de la surutilisation il faut augmenter le volume et l’intensité progressivement. Donc être plus patient!

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En natation, la blessure la plus courante est une blessure à l’épaule. Cette blessure peut être causé par une augmentation drastique du volume, une surutilisation des palettes et/ou par une mauvaise technique.

45 % des blessures en vélo sont au bas du dos et 23 % sont des blessures au genou. Il faut tout d’abord déterminer si la grandeur du vélo est la bonne et ensuite faire un positionnement adéquat sur le vélo. Des petits détails comme un micro ajustement de la cale du soulier ou de la hauteur de la selle peuvent faire une énorme différence. Aussi vérifiez que vos cales de vélo ne sont pas trop usées! Les blessures au dos peuvent également être prévenues par des étirements et une stabilité du bas du dos grâce à des exercices de posture et de renforcement du tronc.

La majorité des blessures en triathlon sont dues à la course à pied. À chaque pas vous mettez beaucoup de pression sur vos muscles, vos os et vos tendons. Une mauvaise technique, une surface de contact trop dure ou des souliers trop usés peuvent causer des blessures, particulièrement si vous courez beaucoup et/ou faîtes beaucoup d’intensité. Il est important d’alterner le type de surface sur laquelle vous courrez, de vérifier l’état de vos souliers et d’analyser votre technique de course à pied. Le risque de blessure augmente lorsque l’on est fatigué et lorsque que notre technique se détériore dû à la fatigue. Des exercices de musculations pour renforcir votre tronc, vos abdominaux et vos muscles stabilisateurs vont vous permettre de maintenir une bonne technique tout au long de vos compétitions (même à la fin du marathon d’un Ironman!) et de vos gros entraînements de course à pied.

Finalement, pour prévenir les blessures il est important d’écouter son corps et de diminuer la charge de travail ou de prendre une (ou plusieurs) journée de repos si une tension ou douleur apparait. Il est mieux d’être prudent et de « perdre » une journée d’entraînement que de perdre plusieurs semaines, voire mois, parce que la blessure a empiré. Il est aussi important de prendre soin de soi et donc de s’étirer régulièrement, de faire du foam roller, de voir son/sa physiothérapeute en prévention et de se faire masser régulièrement.

“Self-care is not about self-indulgence. It is about self-preservation” – Audre Lorde

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