Récemment Lionel Sanders a pris l’avion pour se rendre à Kona afin de faire des tests avec son nouvel entraineur David Tilbury-Davis. L’objectif de ce séjour était d’accumuler le plus de donnés possibles sur l’effet de la chaleur et de l’humidité de Kona sur son organisme en situation de course. Évidemment, à ce temps-ci de l’année les conditions à Hawaii sont plus modérées qu’en Octobre, mais il fait tout de même suffisamment chaud pour pouvoir obtenir des données intéressantes.

Lionel Sanders at the 2019 Ironman World Championship

En plus de mesurer la quantité de liquide perdue sous forme de sueur en nageant, roulant et courant, David Tilbury-Davis a aussi pris des mesures de lactate et de consommation d’oxygène durant les tests. Les mesures d’oxygène permettent d’estimer la quantité de glucides et de gras oxydées à intensité de course pour ainsi établir une stratégie de nutrition pour le jour de la course.

L’année dernière Lionel Sanders était en très bonne position au début du marathon au championnat du monde Ironman mais il a succombé à la chaleur et à l’humidité et a terminé en 22ième position. C’est pourquoi, cette année, Sanders a décidé d’investir du temps et de l’argent pour déterminer quelle quantité d’eau et d’électrolytes il perd lors d’un Ironman dans le but d’établir une stratégie d’hydratation.

Pourquoi Sanders a de la difficulté à Kona?

Tout d’abord, certaines personnes vont dire que Sanders performe mieux sur la distance 70.3 que la distance Ironman. Je suis toutefois en désaccord, puisqu’il a démontré qu’il performe aussi bien sur la distance Ironman que demi-Ironman, lorsque les conditions sont favorables. En effet, le meilleur exemple est sa performance à l’Ironman d’Arizona en 2016. Il a nagé en 54 :35, roulé en 4 :04 :38 et couru en 2h42 :31 pour un temps total de 7h44 :29, ce qui était à l’époque un nouveau record du monde sur la distance Ironman. Cette performance en elle seule démontre que Sanders peut très bien performer sur la distance Ironman.

Le problème n’est donc pas la distance, mais plutôt la chaleur et l’humidité de Kona. Si on compare le gabarit de Sanders à celui de Patrick Lange et Craig Alexander, deux personnes qui performent et ont performé très bien à Kona, Sanders est un peu plus musclé et massif. Cette masse musculaire et ce poids en extra sont un désavantage dans des conditions chaudes et humides.

Également, Sanders a mentionné de nombreuses fois qu’il sue beaucoup. Cela signifie qu’il perd plus d’eau que ses compétiteurs lors de l’épreuve. S’il ne boit pas assez pour remplacer la majorité de la sueur produite, il risque de perdre une quantité d’eau trop importante, ce qui a pour effet de nuire à sa performance. Une perte d’eau importante a pour effet de réduire le volume de plasma ce qui a pour effet de réduire le retour veineux vers le cœur et le volume systolique (le volume de sang éjecté par le cœur à chaque battement), donc le début cardiaque est réduit. Une réduction du débit cardiaque a pour effet de réduire la quantité d’oxygène apportée aux muscles actifs lors de l’exercice. En courant, par exemple, moins d’oxygène est disponible pour les jambes mais également pour l’estomac, ce qui affecte aussi la digestion. Une légère perte de liquide est acceptable, mais une perte supérieure à 2-3 % du poids corporelle affecte la performance.

La chaleur a pour effet d’augmenter l’effet de déshydratation. Donc, pour un niveau de déshydratation égal, la performance va être davantage affectée dans des conditions chaudes que dans des conditions modérées. C’est pourquoi il est important de limiter le plus possible l’effet de la chaleur.

Voici quelques trucs :

  • Porter des vêtements lousses comme une camisole de course
  • Porter des vêtements blancs
  • Porter une casquette
  • Porter des lunettes de soleil foncées
  • Mettre de la crème solaire
  • S’éponger avec éponges
  • Mettre de la glace dans une casquette
  • Boire fréquemment

En plus de limiter le plus possible la perte d’eau et d’avoir une stratégie pour remplacer cette perte d’eau, une autre stratégie pour bien performer dans des conditions chaudes et humides est de passer beaucoup de temps dans ces conditions pour s’acclimater. Il n’est pas nécessaire de faire un camp d’entraînement sur le site de course (comme Sanders a fait) bien que ce soit une excellente option. Il est possible de simuler les conditions de courses chez moi en s’entraînant dans une chambre chaude et humide. Passer du temps dans un sauna, un spa ou même dans un bain chaud peuvent aider au processus d’acclimatation.

Bref, avec un protocole d’acclimatation adéquat et une bonne stratégie d’hydratation élaborée avec son entraîneur ainsi que les experts chez Gatorade, Lionel Sanders pourra certainement vaincre la chaleur et l’humidité de Kona et faire une performance à la hauteur de ses attentes.

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