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La variation du rhytme cardique (HRV)

Devrait-on utiliser la variation du rythme cardiaque pour déterminer comment s’entraîner?

Photo by: Guillaume Milette

Il existe plusieurs façons de planifier l’entraînement pour une saison d’entraînement et de compétition. La façon la plus utilisée est l’entraînement par bloc (block periodization). Chaque bloc ou phase d’entraînement est consacré à travailler un aspect précis de l’entraînement. Par exemple, généralement, après une période de repos suite à la saison de compétition, les triathlètes font une phase d’entraînement de base (du volume assez élevé à basse intensité). La phase suivante peut par exemple être consacrée aux effort courts et intenses, par exemple des efforts de 30 secondes à 2 minutes en vélo.

Photo: Guillaume Milette (https://www.guillaumemilette.com)

Donc selon, le type de compétition (distance, format etc.) ainsi que vos forces et faiblesses, les blocs d’entraînement s’enchaînent pour vous préparer à la saison de compétition.

Évidemment, même si l’on planifie le plan d’entraînement idéal, il y a plusieurs raisons qui vont affecter la préparation de l’athlète (fatigue, maladies, blessures…) ce qui a pour effet qu’il faut modifier le plan d’entraînement. C’est pour cette raison, que bien que la majorité des entraîneurs savent comment les prochains mois d’entraînement vont se dérouler, ils planifient les entraînements semaine par semaine afin de s’adapter à la progression de l’athlète.

Ces adaptations sont généralement effectuées en se fiant aux perceptions de l’athlète et à ses commentaires. Par exemple, si l’athlète ressent un peu plus de fatigue, dort moins bien la nuit et ressent une diminution de motivation, l’entraîneur va s’adapter en planifiant une ou quelques journées de repos.

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Cela est toutefois très subjectif. Certains athlètes sont plus à l’écoute de leur corps que d’autres et certains sont tellement motivés à s’entraîner qu’ils vont nier le fait qu’ils soient fatigués.

Si seulement il existait un outil pour nous permettre de bien déterminer le niveau de fatigue des athlètes! Et bien, la variation du rythme cardiaque (HRV) est peut-être (je dis bien peut-être) la solution.

De plus en plus d’études s’intéressent au HRV et à comment on peut utiliser cet outil pour planifier l’entraînement d’athlètes. Le HRV est le changement de la durée entre chaque battement de cœur. Par exemple, si on repos votre battement de cœur est de 60 bpm (battements par minutes), soit 1 battement par minute, la durée entre chaque battement pourrait être de 1.2 secondes, 0.58 secondes, 1.3 secondes, contrairement à une durée constante entre chaque battement de 1,0 secondes.

Une variation de la durée entre chaque battement est normale et est signe que l’on est en santé, tandis que peu de variation est signe de surcompensation, de surentraînement, de stress chronique ou d’un trouble de santé. Lorsque l’on fait un effort physique, le rythme cardiaque augmente, donc cela a pour effet de diminuer la variation du rythme cardiaque, puisque la durée entre chaque battement est moindre. C’est pourquoi les calculs pour déterminer le HRV prennent en considération le nombre de battements par minute. En général, les mesures de HRV se font le matin juste après le réveil afin de mesurer des valeurs au repos.

De nombreuses montres intelligentes et d’appareils comme Whoop permettent de mesurer calculer le HRV à chaque jour et ainsi de détecter des signes de fatigue ou de surentraînement. La montre peut ainsi vous suggérer de faire un entraînement léger plutôt que des intensités en se basant sur les données de HRV mesurées. Le HRV peut donc être un outil intéressant pour ajuster le plan d’entraînement et pour éviter d’être en surentraînement. Toutefois, dans un plan d’entraînement il est normal d’avoir des moments de surcompensation et de fatigue. Si ces moments sont planifiés et précèdent une période de récupération, ces périodes vont vous permettre d’atteindre un niveau de performance supérieur. Cependant, si l’on se fie uniquement sur les données de HRV pour bâtir un plan d’entraînement, on ne va probablement pas effectuer ces périodes d’entraînements de surcompensation qui sont essentielles pour progresser.

Je crois donc que plutôt que de seulement se fier sur ses données de HRV pour bâtir son plan d’entraînement, il est idéal d’avoir un plan à long terme (macrocycle) et à court terme (microcycle) développé par un entraîneur expérimenter et d’utiliser le HRV comme un outil additionnel pour ajuster le plan d’entraîneur de jour en jour.

D’autres outils pour mesurer le niveau de fatigue incluent la sensation de fatigue, l’irritabilité, le niveau de testostérone. Bref, la variation du rythme cardiaque est un outil très intéressant, mais selon moi, ne devrait pas être la seule mesure prise en considération pour développer un plan d’entraînement.