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Entrevue avec Nicolas Gilbert

Après avoir couru sur le circuit ITU, le jeune athlète Québécois évolue sur de plus longues distances

Photo by: Jerome Bergeron

Bien qu’il n’y ait pas eu de compétitions cette année, le jeune triathlète néo-Pro Nicolas Gilbert, originaire de Trois-Rivières, a été très actif. En effet, cet été devait être sa première saison sur le circuit professionnel Ironman 70.3. Gilbert a couru pendant plusieurs années sur le circuit ITU, mais a choisi d’effectuer la transition vers le triathlon longue distance récemment.

« J’ai pris cette décision l’an dernier. Je n’ai pas connu une superbe fin de saison à Kelowna au championnat canadien. J’étais en finale A et j’avais manqué le peloton à vélo. C’était un groupe assez restreint, nous n’étions pas beaucoup sur la ligne de départ et je suis sorti avant-dernier de l’eau environ 10 secondes derrière le groupe de tête. Contrairement à mes habitudes, je n’ai pas été en mesure de revenir cette fois. Ce fut un dur coup, car j’ai roulé pratiquement seul et j’ai posé le pied à terre avec 30 secondes de retard. Bref, j’avais le sentiment que mes performances chez les élites sur distance sprint n’étaient plus représentatives de l’ensemble de mes efforts et de mon état de forme. »

Les triathlètes qui ont compétitionné à ses côtés le savent, Nicolas est un très bon cycliste. Si vous voulez rattraper le peloton de tête, vous devez trouver sa roue et vous accrocher!

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C’est pourquoi sa transition ne surprend personne. Demi-Ironman, c’est un type d’effort qui l’avantage en raison de la place dominante qu’occupe la portion cyclisme. Il reconnait toutefois que la distance olympique individuel est possiblement l’épreuve qui lui convient le mieux jusqu’ici.

« Je trouve que c’est plus équilibré comme format de course. Je me débrouille relativement bien en natation, même si ce n’est pas ma tasse de thé. L’été dernier j’ai eu beaucoup de plaisir sur distance Olympique à Montréal. Je me sentais vraiment à ma place (1h48 pour la catégorie sans sillonage c’était d’ailleurs le premier chrono Québécois sous la barre des 1h50), mais 70.3 c’est très bien aussi. »

Nicolas Gilbert avait déjà apprivoisé cette épreuve d’endurance en 2017. Il en a profité pour mesurer sa progression cet été. C’est ainsi qu’il a complété la distance de 90 km en 2h00:50. La même journée, il a également couru un demi marathon respectable en 1h20. Je sais compter et je peux me tromper, mais je ne lance pas des chiffres en l’air. L’an dernier, j’avais prédit chacun de mes “splits” la veille de la course avec mon entraîneur Benoît-Hugo et mes calculs étaient bon. Cette année je me suis lancé le défi de parcourir 90 km en 2h et j’ai visé juste. »

Il y a quelques mois, Gilbert s’est donné un autre défi, soit de faire l’aller-retour du Parc de la Mauricie (un parcours de 106 km avec rien de moins que 2000m de dénivelé) à une vitesse moyenne de 40 km/h. Tous ceux qui ont déjà fait le défi Vélomag le savent, c’était un très gros défi!!

« Quand l’idée a germée, le record à battre se situait autour de 2h48. Donc, il fallait faire 10 minutes de moins… en solitaire. Ça me semblait plausible, mais avant de faire une telle affirmation, j’ai pris le temps d’évaluer ce que ça représentait comme effort. Après une reconnaissance de parcours le mois précédent, j’ai réalisé que la tâche allait être un peu plus difficile que ce que j’avais envisagé au départ. J’ai gardé confiance malgré tout, car théoriquement c’était possible considérant le poids du vélo, les caractéristiques du cycliste et plusieurs autres paramètres. Quelques semaines plus tard, le temps nous a donné raison, car Félix Plourde-Couture (étudiant au laboratoire L-Tips) a réussi à prédire à la minute près mon chrono de 2h38 en fonction des conditions météo du 25 septembre. »

Suite à ces accomplissements, il ne fait aucun doute que Nicolas Gilbert a beaucoup de potentiel. Lors de ma conversation avec Nicolas (pour le Podcast du triathlete, disponible sur Spotify et Itunes), j’ai pu discerner que Nicolas est très minutieux et qu’il porte attention à chacun des détails pour optimiser sa performance. Évidemment, sachant qu’il étudie en comptabilité, je n’étais pas trop surpris! Je suis certain que Nicolas Gilbert peut surprendre beaucoup de gens lorsqu’il fera son entrée sur le circuit Demi-Ironman, mais pour les gens qui le côtoient, ce ne sera pas une surprise!