Chaque athlète est différent. Chaque athlète a un profile physiologique, métabolique, mécanique et psychologique différent. Si on le pouvait, on pourrait rentrer tous ces paramètres dans un programme informatique sophistiqué et développer un plan d’entraînement spécialement adapté pour chaque athlète. Bien que l’on ait de plus en plus accès à de nombreux outils, comme des montres GPS, des capteurs de puissance, des appareils pour connaître le taux d’acide lactique, de glucose sanguin etc., il demeure qu’une bonne partie du travail d’un entraîneur consiste à faire des suppositions et de deviner comment l’athlète va répondre à certains entraînements et blocs d’entraînements.

Chaque athlète est différent. Photo: Antoine Desroches

L’entraîneur de course à pied Jonathan Marcus résume bien ce fait :

En effet, le coaching ce n’est pas de la chimie ou de la physique. Il n’y a pas de formule à suivre que l’on peut utiliser pour développer le plan d’entraînement idéal pour chaque athlète. Le coaching c’est un peu comme cuisiner un plat de haute gastronomique. On a une idée de la recette mais il faut constamment s’ajuster. Parfois ça prend plus de sel, parfois il faut ajouter plus d’eau. Il faut constamment goûter au plat lors de la préparation pour s’ajuster et s’adapter.

Il faut tout d’abord avoir une idée des ingrédients que l’on a accès. Il faut ensuite savoir combien de temps on a pour faire la recette et qu’elles sont nos ressources (monétaire, équipement, cuisiniers…). Et finalement, il faut savoir quel est le plat que l’on tente de créer.

Pour retourner au coaching, il faut connaître :

  • Le profil complet de l’athlète
  • Les ressources disponibles à l’athlète et le temps qu’il/elle peut consacrer à l’entraînement et à la récupération
  • Les objectifs à atteindre

La clé pour développer un bon plan d’entraînement est donc l’habilité de

  • Définir le profil de chaque athlète (physiologique, métabolique, mécanique, psychologique)
  • Créer un plan individuel et personnalisé basé sur le profil de l’athlète
  • Discuter avec l’athlète pour expliquer en profondeur le plan et le raisonnement dernière ce plan.
  • S’adapter constamment durant le processus en se basant sur les résultats de chaque entraînement, des tests et des compétitions, mais plus important encore, en se basant sur le feedback de l’athlète.

Les trois plus importantes qualité d’un entraîneur selon moi :

  • L’humilité
  • La curiosité
  • L’habilité de bien communiquer

Définir le profil de l’athlète

Pour bien définir le profil de l’athlète il faut analyser les anciens résultats, tests et entraînements. Ensuite certains tests en vélo, vélo et course à pied sont intéressants à faire pour connaître les habilités dans les trois sports et plus précisément les forces et faiblesses dans chaque discipline individuellement. Par exemple, un athlète peut être un OK nageur, excellent cycliste et bon coureur. Avec plusieurs tests il est ensuite possible de déterminer si l’athlète performe mieux dans chaque discipline sur des effets courts, moyens ou longs.

Antoine Desroches racing at Ironman Mont-Tremblant 2018. Photo: Talbot Cox.

Les tests de FTP (functional thresold), CP (critical Power), the Lactate threshold, VO2Max, Fat oxydation etc sont tous très intéressants et pertinents, mais il ne faut pas non plus négliger le profil psychologique de l’athlète. IL ne faut pas oublier queles athlètes sont des humains et non des robots. Chaque athlète va réagir différemment face à différents entraînements intenses ou différents obstacles comme un échec ou une blessure ou face au stress d’une compétition. Le moment le plus crucial, selon moi, est la période d’affutage- le taper- puisque chaque personne a ses présences. Certaines personnes ont besoin de s’entraîner un peu plus puisque ça leur permet d’être plus confiantes et de diminuer leur nervosité. D’autres personnes préfèrent se reposer davantage les jours avant la course.

Donc, même si un jour on a accès à un programme informatique pour développer à la perfection des plans d’entraînements optimisés pour chaque athlète, il faudra tout de même considérer le côté humain de chaque athlète et constamment ajuster et adapter le plan tout au long du processus.

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