Lorsque l’on pense à la Norvège, on ne pense pas généralement au triathlon. On pense plutôt au ski de fond et aux légendes de ce sport comme Petter Northug. Mais depuis quelques années, on pense aussi au triathlon.

Le triathlète Norvégien Kristian Blummenfelt a surpris le monde du triathlon avec plusieurs performances impressionnantes. En 2015, son meilleur résultat en WTS (World Triathlon Series) était une 13ième place à la WTS de Stockholm. C’était un très bon résultat, surtout en comparaison à ses performances précédentes en WTS, soit une 39ième position, une 44ième position et une 44ième position. Peu à peu, il a su se rapprocher du Top 10 et ensuite du Top 5. Il a terminé sa saison 2017 avec trois deuxièmes places à des courses WTS, soit Montréal, Stockholm et à la Grande Finale à Rotterdam. Maintenant, cet athlète de seulement 24 ans est un facteur dans toutes les courses auxquelles il participe et il est maintenant classé au quatrième rang du classement mondial.

Blummenfelt et ses compatriotes Stornes et Iden ont surpris le monde du triathlon cette année en montant les trois sur le podium à la course WTS de Bermudes. Casper Stornes, âgé de seulement 21 ans, a surpris ses compétiteurs en attaquant sur le parcours de vélo et remporté sa première victoire sur le circuit WTS. Le trio d’enfer a également récidivé il y a seulement quelques semaines en brisant les trois l’ancien record du monde de la distance 70.3. Blummenfelt a été le plus rapide avec un temps de 3h29 :04 suivit de Gustav Iden et de Casper Stornes.

Comment se fait-il qu’un pays que l’on n’aurait jamais associé au triathlon domine maintenant le monde ce sport?  Il n’y a évidemment pas de réponse simple et précise, puisque si c’était le cas, toutes les fédérations adopteraient probablement leur façon de faire! Il y a tout de même quelques facteurs qui, selon moi, peuvent expliquer le récent succès de ces triathlètes Norvégiens.

Une approche scientifique

Il est clair que la fédération Norvégienne de triathlon accorde beaucoup d’importance aux tests physiologiques, que ce soit les tests de lactate, de FTP et l’analyse de la technique. Si vous suivez ces trois athlètes sur les réseaux sociaux vous aurez remarqué qu’ils sont autant testés que des rats de laboratoire! Cela permet donc aux entraîneurs de développer des plans d’entraînements et des séances très spécifiques pour chaque athlète pour favoriser le plus possible une adaptation physiologique.

La Norvège, étant un pays riche et un pays qui amasse à chaque Jeux Olympiques des dizaines et des dizaines de médailles, a les ressources et les infrastructures pour permettre à la fédération de triathlon de faire tous ces tests.

Beaucoup et beaucoup de volume!

Ces trois athlètes font beaucoup d’entraînement et accumulent beaucoup de millage dans les trois disciplines. Par exemple, avant leur performance à la WTS des Bermudes, ils ont fait un camp d’entraînement en altitude en Espagne durant lequel ils ont fait une sortie de 270 km avec 4000m de dénivelé et quelques jours plus tard une sortie de 305 km avec 6000m de dénivelé!

En moyenne, ils s’entraînement 30-35 heures par semaine avec un mixte d’efforts aérobiques et anaérobiques. Donc bien qu’ils fassent à l’occasion des très très longues sorties de vélo, ils font aussi des séances très courtes et très intenses. En effectuant fréquemment des tests de lactate ils sont capables de déterminer si leur corps répond bien à cette grosse charge d’entraînement. Donc bien que certaines séances puissent paraître exagérées, tout est calculé et planifié minutieusement grâce à une approche scientifique.

Une compétition saine durant les entraînements

Le fait de pouvoir s’entraîner tous les trois ensemble quotidiennement est un atout incroyable. C’est possiblement aussi un des facteurs qui ont permis aux frères Brownlee de performer autant durant leur carrière. À chaque jour, ils doivent se dépasser pour pouvoir suivre ou battre leurs compatriotes durant les séances. C’est très motivant et ça leur permet d’atteindre leur plein potentiel. L’ambiance dans le groupe semble aussi très décontractée ce qui est très important puisqu’un groupe ultra compétitif pourrait aussi devenir trop intense et sérieux et même nuire à la performance.

Il y a évidemment bien d’autres facteurs qui peuvent expliquer le récent succès des triathlètes Norvégiens. Il est clair que la Norvège est un pays qui performe dans les sports d’endurance, que ce soit le ski de fond ou la course à pied et maintenant le triathlon. L’environnement, la génétique, les ressources financières ainsi que cette philosophie de performance qui est présente dans ce pays peuvent expliquer le succès de ces athlètes. Il ne fait aucun doute que ces trois triathlètes ont inspirés plusieurs jeunes à essayer le triathlon et que l’on va voir de plus en plus de Norvégiens sur les circuits de triathlon.

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