Plus tôt cette année j’avais écrit un article concernant l’annonce que Lionel Sanders allait participer au Championnat Canadien de contre la montre. Malheureusement, dû à sa blessure, il n’a pas pu participer à cette compétition. La grande majorité des triathlètes étaient intrigués de savoir comment l’un des meilleurs triathlètes au monde se compare avec les meilleurs cyclistes Canadiens. Bien que l’on n’ait pas eu notre réponse, il est possible de tenter d’y répondre.

Lionel Sanders. Photo: Brad Reiter

Il est évidemment difficile de comparer la puissance générée par un triathlète lors d’un triathlon à la puissance générée par un cycliste lors d’une compétition. Tout d’abord, lors d’un triathlon distance Ironman, le triathlète se garde évidemment de l’énergie pour courir un marathon par la suite. Également, la puissance développée par un cycliste participant à une compétition comme le Tour de France va dépendre du rôle du cycliste (domestique, sprinteur, coureur pour le général…) et du type d’étape. 

Sebastian Kienle

Mais peu importe, pour le plaisir, comparant la puissance développée par Lionel Sanders lors du championnat du monde Ironman 2017, quand Sanders a fini deuxième derrière Patrick Lange à la puissance générée par un cycliste lors de la 6ième étape du Tout de France 2019 (statistiques provenant de Training Peaks).

Lors de l’Ironman 2017, Sanders a développée 305 watts de moyenne et 313 watts normalisés, ce qui correspond à un impressionnant 4.13 watts/kg. Suite à la descente de Hawi, après avoir perdu du temps sur Wurf et Kienle, il a poussé 349 watts normalisés pendant 12 minutes, ce qui correspond à un impressionnant 4.68 watts/kg. Son temps total pour parcourir les 180 km était de 4h14, soit une moyenne de 43.13 km/h.

Lors de l’Ironman 2017, Lionel Sanders a développée 305 watts de moyenne et 313 watts normalisés, ce qui correspond à un impressionnant 4.13 watts/kg

En comparaison, lors de la sixième étape du Tout de France (étape avec beaucoup de dénivelé), le domestique de l’équipe Mitchelton Scott Jack Haig a développé 303 watts normalisés (4.33 watts/kg) pour 160 km. Bien que la puissance générée soit très semblable, la grosse différence est la variation de puissance générée par un cycliste professionnel. Par exemple, lors des 30 premiers kilomètres dans le peloton, il a seulement développé 214 watts normalisés (3.06 watts/kg), mais vers la fin de la course il a poussé 6.8 watts/kg pour une période de 2 minutes.

Donc, il ne fait aucun doute que les meilleurs cyclistes sur le circuit Ironman ont les capacités pour participer à une compétition de cyclisme de niveau professionnel et jouer un rôle de domestique. Par contre, pour suivre le peloton et être au-devant vers la fin des courses, et surtout dans les montagnes, il faut pouvoir développer un ratio watts/kg très très élevé pour de courtes périodes de temps, tandis que les triathlètes ont l’habitude de développer un wattage élevé et constant pour de longues périodes de temps. Il faut également avoir les habiletés techniques pour rouler dans un gros pelotons et descendre les cols à une vitesse très élevée. 

Cam Wurf et Sebastian Kienle.

Il y a notamment plusieurs exemples de triathlètes qui ont compétitionné en cyclisme, dont Cameron Wurf, Ivan Rana, Nicolas Dougall et Andrew Talansky. Cameron Wurf a compétitionné pendant plusieurs années sur le circuit Pro Tour, notamment avec l’équipe Cannondale Pro Cycling Team, et a démontré qu’il est l’un des meilleurs cyclistes sur le circuit Ironman. Il a démontré sa dominance l’année dernière en parcourant les 180 km à Kona en un temps de 4h09, un nouveau record de parcours. Bien qu’il soit dominant en vélo, plusieurs triathlètes n’ayant pas de background en cyclisme comme Andrew Starykowicz et Lionel Sanders sont des rivaux de taille en vélo. 

Il y a notamment plusieurs exemples de triathlètes qui ont compétitionné en cyclisme

Bref, il est très difficile de comparer les performances en vélo des meilleurs triathlètes aux cyclistes professionnels. Les distances varient, les stratégies sont différentes et le type d’effort est souvent très différent. Pousser un wattage élevé de façon constante est très différent à pousser un wattage très élevé jusqu’au sommet d’un col. Il sera intéressant de voir si dans le futur, d’autres cyclistes vont faire le saut vers le triathlon. Cameron Wurf a notamment mentionné dans une entrevue pour le magazine Triathlete que le cycliste Richie Porte sait très bien nager et a déjà couru 30min 10 pour un 10 kilomètres lorsqu’il faisait des triathlons. Wurf, a également mentionné que Geraint Thomas a montré un intérêt vers le triathlon. C’est définitivement très excitant de voir des cyclistes qui démontrent un intérêt vers le triathlon, puisque, comme ce fut le cas avec Wurf, le niveau de compétition augmente et les records de parcours sont brisés!

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