À chaque fois que l’on enfourche notre vélo, on met notre vie en danger. Ça peut sembler exagéré comme déclaration, mais c’est la triste réalité. Les accidents entre voitures et cyclistes sont de plus en plus courant et on apprend très souvent la mort d’un cycliste.

L’enjeu de la sécurité des cyclistes ne peut être décrit, encore moins réglé, en un seul texte. Mais l’important, selon moi, est de parler de cet enjeu pour débuter une discussion dans le but d’améliorer la situation et trouver des solutions.

On ne peut pas espérer régler ce problème si on ne fait que pointer du doigt les autres personnes du clan adverse. Les cyclistes diront que c’est la faute des automobilistes qui conduisent trop vite, sont impatients ou distraits par leur cellulaire. Les automobilistes diront que les cyclistes sont insouciants et imprudents et ne respectent pas les lois de la route.

  • C’est la faute de qui?
  • C’est la faute de chacun d’entre nous.
  • C’est la faute des automobilistes qui conduisent plus vite que la vitesse permise.
  • C’est la faute des automobilistes qui textent au volant.
  • C’est la faute des cyclistes qui ne respectent pas les lois de la route, ce qui ne fait qu’augmenter l’attitude négative envers les cyclistes.
  • C’est également la faute du gouvernement et des municipalités pour ne pas offrir plus d’espace sécuritaire pour les cyclistes.
  • Ça ne sert à rien de critiquer les autres personnes sans offrir des solutions et faire sa part pour améliorer la situation.
  • Il est tout d’abord important de s’interroger sur la raison derrière l’attitude négative et agressive envers les cyclistes.

Un cycliste est un citoyen et un être humain

Une étude publiée en Mars dernier, a tenté de démontrer pourquoi certains automobilistes ont une attitude agressive envers les cyclistes. Leur hypothèse était que cette attitude était causée, en partie, par une déshumanisation des cyclistes. Donc, les cyclistes sont considérés et traités comme moins qu’un être humain.

Les chercheurs ont présenté l’image ci-dessous à 442 automobilistes. L’image montre une échelle de l’évolution d’une cocherelle jusqu’à une personne « mi cocherelle-mi humaine » et une image d’un humain. Ils devaient associer leur perception des cyclistes à l’image sur cette échelle.  Plus de la moitié des automobilistes non cyclistes (n’ayant pas fait de vélo dans la dernière année) ont associé les cyclistes à l’image de la personne « mi cocherelle-mi humaine ».

Photo : Université Monash

Donc plus de la moitié des gens de ce groupe considèrent que les cyclistes sont moins qu’un être humain et devraient donc être traités ainsi. Ce n’est donc pas étonnant qu’en tant que cycliste il est coutume de se faire klaxonner et de se faire lancer des injures.

Donc si on pouvait faire réaliser aux automobilistes (par une campagne de sensibilisation par exemple) que les cyclistes sur la route sont aussi des citoyens et des êtres humains, on pourrait possiblement améliorer la perception des automobilistes envers les cyclistes et donc diminuer le nombre d’accidents et de décès.

Plusieurs études ont démontré que les cyclistes sont considérés comme une minorité, tout comme les minorités ethniques et religieuses. Les cyclistes sont généralement moins nombreux que les automobilistes et ils sont impuissants, puisque dans le cas d’une collision, l’automobile va avoir le dessus sur le cycliste. L’attitude envers les cyclistes est souvent plus négative dans les villes et pays où le cyclisme est moins populaire.

Si on veut que les automobilistes nous respectent on doit aussi faire notre part. Il est donc très important en tant que cycliste de respecter les lois de la route et d’être le plus visible possible (avec des lumières, collants réfléchissants et habits avec des couleurs vives) pour améliorer la perception des automobilistes envers les cyclistes.

Les cellulaires au volant

La vitesse des voitures et le manque d’espace sécuritaire pour les cyclistes sur la route affectent définitivement la sécurité des cyclistes sur la route. Toutefois, le plus gros enjeu est la distraction des automobilistes. Si vous regardez votre cellulaire en conduisant pour répondre à un message ou changer de chanson, vous mettez en jeu la vie des autres personnes sur la route.

Par exemple, l’automobiliste qui a tué le cycliste professionnel Jason Lowndes a été accusée d’avoir texté au volant juste avant de percuter le cycliste.

David Maltais écrit dans son blogue Le livre Gris :

Une route plus sécuritaire se bâtit par les actions de chacun d’entre nous, en arrêtant de toucher, regarder et même penser à son téléphone en conduisant. Enlevons-le des mains de nos amis quand ils textent à la lumière rouge. 

Le cellulaire, c’est la drogue du siècle. Faisons une cure.

Prenons tous l’engagement de ne plus jamais texter au volant et d’éviter les distractions.

Le cyclisme est un sport de plus en plus populaire, donc il va y avoir de plus en plus de cyclistes qui vont partager la route avec les automobilistes. On doit donc tous faire notre part pour améliorer cette cohabitation.

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